Un juge stoppe le déboisement à Mascouche

Un juge stoppe le déboisement à Mascouche

Les travaux de déboisement en cours à Mascouche pour le projet d’aéroport privé sont suspendus jusqu’au 20 janvier. Déjà 9 hectares sur 20 ont été déboisés, mais la Cour supérieure vient d’accorder une ordonnance de sauvegarde en vue de protéger l’environnement.

Tous les travaux en cours ont ainsi été arrêtés sur ordre du juge Claude Auclair, ce 19 décembre. La Ville de Mascouche gagne donc une manche en vue d’obtenir une injonction permanente, laquelle sera débattue en cour le 20 janvier prochain.

D’ici là, «aucune activité qui soit susceptible de détruire ou d’endommager les milieux humides, cours d’eau et boisés» ne sera permis sur le territoire visé par le projet d’aéroport privé, a ordonné le juge.

L’aéroport de Mascouche, fermé depuis le 15 novembre dernier, doit être reconverti en quartier d’affaires, selon les plans de la Ville de Mascouche. Deux kilomètres plus loin, aux limites de Terrebonne et Mascouche, et en partie sur des terres agricoles, la Corporation de l’aéroport de Mascouche a toutefois lancé un projet d’aéroport privé, auquel le ministère fédéral des Transports a donné son aval.

Datant de la guerre, la loi fédérale sur l’aéronautique permet en effet aux projets aéroportuaires d’avoir préséance sur les juridictions municipales et provinciales, une situation qui révolte autant le milieu agricole que l’ensemble des élus lanaudois.

Guillaume Lemay, maire de Mascouche est furieux: « On voudrait mettre une école ou un hôpital et la loi sur l’environnement nous en empêcherait. C’est un non sens en 2016 que la loi fédérale sur l’aéronautique donne préséance à un tel projet d’aéroport de plaisance qui implique autant de déboisement.»

«Ce qui nous choque le plus, dit Mathieu Lemay, député de Masson, c’est que le promoteur a conçu son projet avec une piste d’atterrissage de 995 mètres, ce qui le place sous les 1000 mètres qui l’aurait assujetti à la loi fédérale sur l’environnement. Le ministère des Transports a donc donné son aval sans étudier les dommages environnementaux qui vont en découler.»

La Ville de Mascouche invoque donc la Loi sur la qualité de l’environnement dans l’espoir d’obtenir l’injonction permanente qui protégerait les 11 hectares de forêt restant.

Rappelons que Mascouche avait obtenu une injonction provisoire le 9 décembre dernier dans ce même dossier. La Ville et les parties concernées retourneront en cour le 20 janvier prochain afin de plaider l’injonction permanente.

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