Un nouveau Parti conservateur’

Un nouveau Parti conservateur'

C’est toujours rafraîchissant quand la vague de l’actualité dépose sur le rivage de notre attention un événement surprenant ou une nouvelle figure politique à laquelle s’intéresser.

Cette semaine, c’est la course à la direction du Parti conservateur canadien qui s’est rappelé à nous, à travers Andrew Scheer, un de ses aspirants qui a reçu l’appui surprenant de quatre députés du Québec.

Vous ne le connaissiez pas’ Moi non plus !

CV intéressant

Scheer a une feuille de route intéressante. Élu député de Regina’Qu’Appelle, en Saskatchewan, à 25 ans, il défait un vétéran néo-démocrate respecté. À 32 ans, il devient le plus jeune président de l’histoire de la Chambre des communes.

Depuis l’annonce de sa candidature, en septembre, les sondages auprès des sympathisants conservateurs lui donnent un niveau d’appui dans les nombres à un chiffre. Il est peut-être éclipsé par des figures médiatiquement beaucoup plus imposantes, comme les anciens ministres Maxime Berner et Lisa Raits ou le fameux dragon unilingue Kevin O’Leary.

Là où la candidature de Scheer surprend, c’est que c’est elle qui recueille le plus d’appuis chez les membres du caucus conservateur, au sénat et dans les antennes provinciales du parti.

Le Saskatchewanais serait-il en voie de devenir le choix de l’establishment’

La bataille du Québec

Sa campagne semble avoir le vent dans les voiles, en tout cas. Encore cette semaine, c’est dans la surprise qu’il annonçait avoir obtenu l’appui du tiers du contingent conservateur au Québec.

C’est tout un camouflet pour Steven Blaney et Maxime Bernier. Tous deux candidats au leadership et députés du Québec, ils n’ont toujours pas reçu le soutien d’un seul de leurs compatriotes présents à la Chambre des communes, à l’exception de Jacques Gourde qui organise la campagne de son collègue de la Beauce.

Considéré comme peu influent au sein du parti, le Québec prend cette fois-ci une importance inédite dans la course au leadership en cours. C’est en effet la seule province où les conservateurs ont vu leur nombre d’élus progresser en 2015. On aimerait y trouver un potentiel encore plus grand.

Tentation radicale

Cette campagne qui tardait à s’ébranler se conclura, mine de rien, dans quatre petits mois, à la fin mai. Alors que Justin Trudeau traverse ses premières zones de turbulence, les Canadiens se feront plus nombreux à s’intéresser à la solution de remplacement qui leur sera offerte.

Quel aspect prendra-t-elle’ Celui d’une version plus modérée du PC dont les stratèges cherchent à arrondir les angles pour rejoindre davantage les minorités’ Celui qui se soumettra à une tentation plus radicale, souhaitée par la base, incarnée par des candidats comme Kevin O’Leary et Kellie Leitch

Le dilemme est le même que celui qu’ont connu les républicains américains l’an dernier.

Dans un tel contexte, la candidature au visage jeune et moderne, mais aux positions résolument conservatrice d’un Andrew Scheer pourrait peut-être faire figure de compromis.

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