Un présumé témoin dans l’affaire Dalcourt aurait été ignoré

Un présumé témoin dans l'affaire Dalcourt aurait été ignoré

LE JOURNAL | Une joggeuse qui aurait vu un homme «étrange» le soir du meurtre de Jenique Dalcourt sur la piste cyclable où elle a été tuée remet en doute le travail de la police de Longueuil qui aurait attendu un mois avant de prendre au sérieux son signalement.

«J’ai croisé un homme, un gars, et le sentiment qui m’a envahi, ce n’était vraiment pas beau, a raconté la femme à TVA Nouvelles. Le gars en soi me semblait étrange».

Cette présumée témoin, qui ne veut pas être identifiée pour des raisons de sécurité, faisait son jogging sur la piste cyclable du Vieux-Longueuil le 21 octobre 2014, soit le soir et l’endroit du meurtre de Jenique Dalcourt.

Le lendemain de cette rencontre «étrange», elle apprend qu’une jeune femme de 23 ans a été tuée à l’endroit même où elle est passée 15 minutes avant le drame. C’est alors qu’elle téléphone à la police de Longueuil pour signaler l’individu qu’elle a croisé.

«C’était important ce qui m’était arrivé et ce que j’avais senti. Et d’un coup que ça sert à quelque chose», s’est dit la dame.

Toutefois, le policier qui aurait pris l’appel n’aurait pas pris au sérieux son témoignage, selon ses dires.

«Je leur ai dit ce que j’avais vu et le sentiment que j’avais vécu. J’ai voulu la décrire cette personne-là. Sauf que le policier qui était au bout de la ligne n’était pas réceptif. Je n’ai pas senti que c’était important ce que j’étais en train de dire» a déploré la femme à TVA Nouvelles.

Déplorable

Ce n’est qu’un mois plus tard, après qu’un premier suspect eut été arrêté puis relâché faute de preuve, que les enquêteurs l’ont finalement rappelée, dit-elle.

«Là, c’est devenu plus sérieux et ça avait l’air important ce que je disais», souligne-t-elle.

Depuis, les policiers l’auraient rencontrée deux fois et elle aurait même identifié quelqu’un qui figurait parmi la liste de suspects que les policiers lui ont présentée, selon ses dires.

«Je trouve ça d’une tristesse épouvantable. C’est déplorable pour la famille, mais pour le service policier aussi. Ils passent pour qui, eux’», se questionne quant à elle la joggeuse.

Contactée par TVA Nouvelles, la police de Longueuil n’a pas formulé de commentaires, mais elle invite la femme à recommuniquer avec leur service.

Frustration

Ce témoignage pourrait donc s’ajouter, si ce n’est pas déjà fait, aux preuves des policiers de Longueuil. Ces derniers ont essuyé un deuxième revers jeudi lorsque le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a fait savoir qu’il ne déposerait pas d’accusation contre le principal suspect.

Une situation difficile pour le beau-père de Jenique Dalcourt, qui a réitéré hier ne pas en vouloir aux autorités.

«On avait une grosse confiance qu’il y ait un résultat positif. On est déçus, choqués, frustrés. Pas par rapport à la police ni au procureur, mais surtout le fait qu’il y a un coupable quelque part et il est libre comme l’air. Ça, c’est difficile à accepter», a déclaré Michel Lafrance.

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