Un syndicat appelle au boycott d’un remorqueur

Un syndicat appelle au boycott d'un remorqueur

Un remorqueur des Laurentides trouve aberrant que le président d’un syndicat public ait appelé au boycott de son entreprise pour venger un membre dont la voiture a été remorquée.

Jérémy Boileau, propriétaire de Remorquage J. Boileau, estime que le président Steve Bouchard aurait dû régler ses problèmes avec la direction de l’hôpital Rivière-Rouge, plutôt que de faire souffrir son entreprise.

«J’ai seulement fait mon travail, souligne le travailleur autonome qui compte deux employés à temps partiel. On m’a simplement demandé de remorquer une voiture qui était stationnée illégalement et c’est ce que j’ai fait.»

Mais Steve Bouchard, président du syndicat national des employés du CISSS d’Antoine-Labelle, n’a pas vu les événements du même il.

Sur sa page Facebook, il a invité les 750 employés de la CSN à boycotter ce remorqueur.

Le 31 janvier au soir, Jérémy Boileau a reçu un appel du CISSS d’Antoine-Labelle à Rivière-Rouge, petite ville d’environ 5000 habitants, pour remorquer le véhicule d’un employé stationné près du bâtiment de l’hôpital, dans une zone interdite.

«C’est un stationnement réservé et affiché de façon très visible, souligne Myriam Sabourin, porte-parole des CISSS des Laurentides. Cette aire est réservée pour des partenaires, comme des organismes communautaires, par exemple.»

Avertissement

Selon Mme Sabourin, l’employé qui a vu son véhicule être remorqué savait très bien qu’il transgressait un règlement.

«L’homme avait déjà reçu trois avertissements, deux constats d’infraction dans son pare-brise et un avis verbal de son supérieur immédiat de ne pas se stationner là», indique-t-elle.

«Je me demande pourquoi un représentant syndical défend quelqu’un qui n’a ouvertement pas respecté un règlement, a-t-elle poursuivi. N’a-t-il pas autre chose de plus pertinent à faire dans le cadre de ses fonctions’»

Pour sa part, Steve Bouchard juge que son membre n’était pas dans l’erreur.

«Je peux vous garantir à 100 % qu’il n’y avait aucune pancarte qui indiquait que le stationnement était interdit», défend bec et ongles le syndicaliste.

C’est pourquoi il est monté aux barricades pour s’en prendre au remorqueur.

«M. Boileau a remorqué un véhicule qui était stationné légalement, dans un endroit où il n’y avait aucune interdiction, persiste-t-il. Il y a eu un manque de jugement de sa part. Les remorqueurs n’ont pas tous les droits et on ne peut pas les laisser déplacer les voitures comme bon leur semble.»

Il n’entend d’ailleurs pas effacer sa publication sur Facebook.

Salissage

Jérémy Boileau, qui dit avoir de la «misère à joindre les deux bouts», croit qu’il s’agit d’une «campagne de salissage aberrante» à son égard.

«M. Bouchard se sert de son pouvoir syndical pour nuire à ma petite entreprise; je ne trouve pas ça correct du tout, dit-il. Je fais 4 ou 5 remorquages par année au CISSS. Ce n’est pas ça qui me fait vivre. Il se sert de son statut pour faire de la merde. Il ne tape pas sur le bon gars.»

«Je veux le poursuivre pour diffamation, a-t-il enchaîné. Si son message se propage, ce n’est pas bon du tout pour mon entreprise.»

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