Une mannequin défigurée vedette de la Semaine de la mode

Une mannequin défigurée vedette de la Semaine de la mode

Une jeune Indienne de 19 ans défigurée à l’acide sera la reine jeudi de la première journée de la Semaine de la mode de New York, qui s’est offert une première polémique autour du défilé de Kanye West.

Invitée improbable, Reshma Qureshi a été aspergée d’acide en 2014 par son beau-frère, qui voulait s’en prendre à sa soeur, coupable, selon lui, de l’avoir quitté.

Elle était conviée à défiler, à midi, pour le collectif de jeunes créateurs italiens FTL Moda, qui a régulièrement fait parler de lui ces dernières saisons, plus pour ses choix de mannequins que pour ses vêtements.

Il y a un an, il avait ainsi fait défiler la jeune trisomique australienne Madeline Stuart ainsi qu’une vendeuse de voitures du New Jersey, Rebekah Marine, née sans avant-bras.

Cette première journée officielle de la semaine de la mode de New York avait déjà pris un tour résolument militant plus tôt dans la journée avec le défilé de Johny Dar.

L’artiste américain a présenté une collection, baptisée «Jeans for Refugees», de cent jeans donnés chacun par une célébrité et décorés par lui-même, dont le produit de la vente ira au Comité international de secours (IRC).

Dans l’après-midi, étaient attendus l’espagnol Desigual et le New-yorkais Thakoon, de retour après avoir renoncé à la Semaine de la mode de février.

Le créateur d’origine Thaïlandaise Thakoon Panichgul a ainsi bouleversé son calendrier de production, à l’instar de plusieurs maisons qui souhaitent aligner les défilés avec la mise en vente des vêtements.

Thakoon a même fait un pas de plus dans l’inconnu en proposant des pièces sur son site dès le mois d’août, plusieurs semaines avant son défilé.

Autre aventurier du monde de la mode, dans un tout autre genre, Kanye West avait innové lui aussi dès mercredi en organisant son défilé Yeezy Season 4 en plein air sur une île, entre Manhattan et le Queens.

Les conditions de ce défilé, très suivi comme tout événement labellisé Kanye West, ont déclenché une polémique.

De nombreuses critiques se sont élevées via les réseaux sociaux contre le traitement infligé aux mannequins du défilé, «une séance de torture», selon la responsable éditoriale du site de mode The Cut, Stella Bugbee.

Des dizaines de jeunes femmes ont ainsi dû patienter durant plusieurs heures debout, sous le soleil, sans bouger, en attendant que le défilé ne démarre. L’une d’entre elle s’est même effondrée, prise d’un malaise.

Plus tard, lors du défilé, plusieurs mannequins chaussées de bottes hautes à talons immenses ont eu le plus grand mal à marcher dans les allées. L’un d’entre eux a chuté et un autre a terminé le défilé en tongs.

Malgré ces péripéties et l’attente interminable du public, l’artiste «sera probablement récompensé par une large couverture et même peut-être des applaudissements pour une collection qui était, au mieux, prévisible», s’est insurgée Jessica Iredale, du site spécialisé Women’s Wear Daily.

Yeezy, développé en collaboration avec l’équipementier sportif Adidas, est resté dans la lignée des trois premières saisons, sans proposer de grande nouveauté.

Parmi des ensembles unis, avec du beige, du noir, du blanc et du vert foncé, l’artiste italienne Vanessa Beecroft, le bras droit de Kanye West sur Yeezy, a offert davantage de féminité que lors des saisons précédentes.

Quelques heures après Kanye West, le styliste américain Tom Ford a proposé mercredi une version beaucoup plus apaisée de la mode.

Fêtés au champagne et aux petits fours, il a proposé à ses invités une collection fidèle à ses habitudes, très néo-classique avec réinterprétation des incontournables, notamment la veste pour l’homme et la jupe crayon pour la femme.

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