Une victime de viol se bat pour que ça n’arrive pas aux autres

Une victime de viol se bat pour que ça n'arrive pas aux autres

SHERBROOKE | Une étudiante qui dit avoir été violée pendant qu’elle était au cégep s’implique afin d’éviter que d’autres filles soient victimes d’agression pendant les premières semaines de cours.

Mélanie Lemay dit avoir été agressée sexuellement à 17 ans, lors de sa première année au cégep, pendant les célébrations qui suivaient le congé des Fêtes.

Selon son récit, un de ses camarades s’est servi de la corde de son trousseau de clés pour l’étrangler et la forcer à avoir un rapport sexuel. «J’ai senti mon cou qui a craqué! Je pensais que j’allais mourir. Ensuite, j’ai eu un black-out», raconte la jeune femme qui a aujourd’hui 22 ans.

Depuis son agression, elle a regroupé tous les organismes d’aide et les établissements scolaires afin que voie le jour un «mois de sensibilisation aux violences sexuelles» en début d’année scolaire.

Pandémie

«C’est une pandémie, ça n’a juste pas de sens, le nombre de cas […] Souvent, c’est une vie qui est maganée. Je connais des personnes qui sont en psychiatrie, qui font de l’automutilation et qui ne croient plus en elles-mêmes», affirme Véronique Grenier, enseignante en philosophie au Cégep de Sherbrooke, qui fait partie du comité organisateur du Mois d’échange et de sensibilisation sur les agressions sexuelles en milieu étudiant.

Sa collègue Geneviève Paquette, de l’Université de Sherbrooke, travaille avec des professionnels de six universités du Québec pour documenter le phénomène.

«Le harcèlement sexuel semble banalisé dans notre société. Ça fait partie de notre vie: si tu es une fille et que tu te fais siffler, ben c’est normal. Une fille, ça se fait siffler», explique la chercheuse.

Pour les autres

Mélanie Lemay dit avoir tenté de porter plainte deux fois contre son agresseur. Elle affirme ne pas avoir reçu l’écoute espérée et avoir fini par se décourager.

«Ce n’est pas tout le monde qui ose porter plainte à la police, mais quand j’en ai eu besoin, j’ai eu des services grâce à d’autres femmes qui se sont battues pour la cause. À mon tour, je veux maintenant être certaine d’aider les filles après moi», a-t-elle lancé.

Selon elle, les agressions qui se produisent sur les campus sont très difficiles à surmonter car les victimes se retrouvent fréquemment nez à nez avec leur agresseur.

«Quand je le voyais, il m’ignorait, m’insultait ou me disait que je l’avais voulu. J’ai eu l’impression que tout le monde prenait son bord», a-t-elle avoué.

Grâce à son initiative, qui a mené à un mois de sensibilisation dans tous les campus postsecondaires de Sherbrooke, des conférences, des projections de films et des ateliers sur les relations non consensuelles seront présentés jusqu’au 23 septembre aux étudiants des institutions postsecondaires de Sherbrooke.

Une marche de sensibilisation ouverte au public va se tenir le 16 septembre à Sherbrooke.

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