Université Laval, Arnaqués avec des livres usagés’

Université Laval, Arnaqués avec des livres usagés'

Plusieurs étudiants de l’Université Laval ont l’impression de s’être fait arnaquer par des employés de leur propre association étudiante au marché du livre usagé (MLU).

En principe, tout le monde gagne dans les différents MLU du campus: la Cadeul garde une commission de 20% et les étudiants économisent gros par rapport aux livres neufs, qui coûtent une fortune.

Ça va rondement en ce début de session, sauf dans la succursale de pavillon Charles-De Koninck, où plusieurs étudiants comme Tammy Frenette ont l’impression de s’être fait avoir. Elle parle même de «fraude». Cette dernière a raconté son histoire sur Facebook.

Elle est entrée en contact avec une étudiante qui venait d’aller porter le livre qu’elle cherchait au MLU du De Koninck. Le prix demandé était de 40$. Sur place, le commis lui a répondu que le livre en question avait été vendu et qu’il ne restait qu’un exemplaire à 65 $. Elle l’a acheté malgré ses doutes, mais a tout de même pris la peine de vérifier auprès de la personne qui vendait le livre. Les deux étudiantes se rendent compte, à l’aide des notes manuscrites de l’étudiante dans les marges, qu’il s’agissait bel et bien du même livre, vendu 25$ plus cher.

«On réalise que c’est extrêmement facile de voler le monde.»

Contrairement aux autres MLU du campus, les étudiants n’ont pas accès à l’inventaire au De Koninck. Ils doivent payer en argent et ne reçoivent pas de reçus. L’histoire de Mme Frenette a attiré l’attention de plusieurs autres étudiants qui ont vécu la même chose. Elle a ainsi recueilli une douzaine de témoignages. Tous au pavillon De Koninck.

Le Journal s’est entretenu avec six autres étudiants qui ont tous vécu un scénario similaire en ce début de session, mais aussi lors des deux dernières, et certains à plus d’une reprise. C’est toujours la même chose : un étudiant se présente au comptoir, demande le livre repéré sur le site Web du MLU, se fait répondre que le livre est vendu, mais qu’il reste un exemplaire beaucoup plus cher. Pourtant, le livre voulu reste affiché sur le site Web du MLU… Quand ils posent des questions, le commis montre du doigt le système informatique.

Marjorie Lapointe-Aubert allait chercher un livre sur les statistiques à 40$, mais se l’est fait proposer à 85 $. Prudente Beerénam n’a pu acheter son livre à 25$; le nouveau prix était 40$. Le dictionnaire de Kelly-Ann Easey ne coûtait plus 10$, mais bien le triple du prix.

Alexandre Banville-Pelletier a accepté de payer plus cher que prévu il y a un an. Mais l’hiver dernier, il a refusé quand le scénario s’est reproduit.

«Je me suis dit que je ne me ferai pas avoir deux fois par la même histoire en sentant l’arnaque.» Selon lui, «ce sont les gens les plus vulnérables qui écopent», c’est-à-dire des étudiants qui peuvent avoir de la difficulté à joindre les deux bouts, particulièrement en début de session lorsqu’ils doivent payer tous les frais liés à leurs études.

La Cadeul a refusé la demande d’entrevue du Journal. Elle a cependant réagi sur sa page Facebook lorsque Tammy Frenette a raconté son histoire, la semaine dernière. L’association de premier cycle dit prendre la plainte «très au sérieux». L’association a d’ailleurs remboursé le montant payé en trop par Mme Frenette. L’employé visé par la plainte a été affecté à d’autres tâches, le temps de faire la lumière sur la plainte. Mais comme la Cadeul a conclu à une erreur d’étiquetage commise de bonne foi, il a gardé son emploi.

L’association étudiante maintient que le cas de Mme Frenette est le seul qui lui a été signalé. Pourtant, deux étudiants ont transmis au Journal des copies de courriels envoyés à la Cadeul dans lesquels ils racontent des irrégularités vécues au MLU du De Koninck.

«J’ai été choqué de me faire dire que c’était un cas isolé alors que beaucoup de gens m’ont partagé avec moi une expérience semblable», admet Mme Frenette.

«Je déplore le fait qu’ils voient ça comme une erreur d’étiquetage, alors qu’il n’y avait même pas de coupon dans le livre!»

Elle est d’avis «qu’ils auraient dû creuser un petit peu plus».

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