Université Laval, des gaz dangereux dans le pavillon Vachon’

Université Laval, des gaz dangereux dans le pavillon Vachon'

Un syndicat de l’Université Laval allègue que le système d’évacuation des gaz toxiques du pavillon Vachon est défaillant, qu’il menace potentiellement la sécurité des travailleurs et même celle des usagers.

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) enquête sur un incident survenu le 16 septembre dernier, impliquant deux travailleurs à qui la direction a demandé d’effectuer des travaux dans le système d’évacuation des gaz toxiques du pavillon où l’on enseigne la chimie.

Le conseiller syndical Éric-Jan Zubrzycki, du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), raconte que ces travaux ont été demandés «de toute urgence», que les employés étaient «mal à l’aise, mais l’ont fait quand même». Dans leur déclaration à la CNESST, ils disent avoir mis la tête et les mains dans un conduit «sans avoir un équipement de protection conçu pour cela» et qu’ils ont été «exposés à des produits chimiques nocifs».

M. Zubrzycki ajoute qu’une expérience en chimie aurait pu se tenir pendant que les employés travaillaient dans le système puisque les laboratoires n’étaient pas cadenassés.

«Cocktail toxique»

Les conduits auraient dû être ventilés et nettoyés au préalable, ce qui n’a pas été fait, allègue-t-il. «Ils ont mis les mains sur un cocktail toxique et on ne sait pas ce qu’il y a dedans. Des produits cancérigènes’ De l’acide sulfurique’» Et n’avaient pas les équipements de protection appropriés, s’inquiète M. Zubrzycki. Il note la présence d’une tête de mort sur la cheminée.

La CNESST a fait une inspection, lundi. Les travaux dans le système sont interdits jusqu’à nouvel ordre.

Qui plus est, le système d’évacuation des gaz de ce pavillon est désuet et il fuit, selon M. Zubrzycki.

Des variations entre le débit à la source et à la sortie ont été notées, ce qui signifie qu’il y a des fuites en cours de route, explique-t-il. «Y’a des gaz toxiques qui s’échappent à l’intérieur du pavillon Vachon», croit le syndicaliste, de sorte que non seulement les travailleurs, mais aussi les étudiants et les professeurs «sont potentiellement à risque». Le syndicat demande à la direction d’agir «depuis des années».

L’Université rassurante

Aux différentes accusations du syndicat, L’Université Laval répond que le système d’évacuation du pavillon Vachon est conforme aux normes et respecte le Code du bâtiment et que l’institution assure un suivi rigoureux de l’incident du 16 septembre.

«Des rencontres ont été organisées afin de rappeler les procédures à suivre et de répondre aux questions. Des constats ont été faits», décrit la porte-parole Andrée-Anne Steward, qui salue au passage la conduite «exemplaire» des deux employés concernés à la suite de l’incident. Elle assure que les inspecteurs de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail ont l’«entière collaboration» de l’université.

L’institution a une politique de cadenassage pour assurer la sécurité des ouvriers qui travaillent sur ses machines, mais cette politique ne parle pas spécifiquement des laboratoires de chimie.

L’université s’est engagée à rédiger «dans les meilleurs délais» une nouvelle procédure de sécurité «spécifique» pour les travaux sur les conduits d’évacuation des hottes de laboratoire, ajoute Mme Steward.

Quant aux potentielles fuites de gaz toxiques qui inquiètent le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Mme Steward indique que l’université «n’a eu aucune déclaration à cet effet».

L’Université Laval a un «plan d’investissement» pour ses laboratoires et ses politiques en matière de sécurité sont souvent révisées, ajoute Mme Steward.

Les négociations entre le SCFP et l’Université Laval sont difficiles. Le syndicat a prévenu les étudiants de possibles perturbations lors de moyens de pression dans les prochaines semaines. Mais les inquiétudes quant à la sécurité au pavillon Vachon n’ont rien à avoir avec les négociations, assure le conseiller syndical Éric-Jan Zubrzycki. «Est-ce qu’on va attendre qu’il y ait un mort, parce qu’on est en négociation’»

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