Vedette sur YouTube elle publie un livre

Vedette sur YouTube elle publie un livre

MONTRÉAL – Ina Mihalache, Montréalaise installée à Paris, connaît un grand succès en France avec sa chaîne YouTube de vidéos humoristiques, SolangeTeParle. Ses capsules se sont muées en un livre sorti depuis peu au Québec.

«Ce livre est une sorte de bible de SolangeTeParle», indique Ina Mihalache, de passage cette semaine à Montréal.

«J’aimais l’idée que ce soit un outil de partage avec un autre public : j’ai l’impression que j’ai un public à qui je pourrais plaire, mais qui n’a pas l’habitude d’aller sur les réseaux sociaux ou sur YouTube, et qui est peut-être plus à l’aise avec ce médium-là.»

L’ouvrage Solange te parle est paru en janvier dernier en France et au Québec. Il est assorti d’un film, Solange et les vivants, au cinéma depuis le 9 mars en France : le long métrage sera présenté au Québec, mais la date de sortie n’a pas encore été dévoilée.

Solange, pour ceux qui ne la connaissent pas encore, est une jeune femme inadaptée à la vie en société, qui partage ses réflexions et ses conseils sur le quotidien dans des capsules vidéo à thèmes.

Le ton est comique et absurde.

Depuis près de cinq ans, Ina Mihalache interprète ce personnage librement inspiré d’elle-même, réalisant de A à Z ces clips à succès. « »Je suis bobo et vous emmerde » et « Dire je t’aime » ont été des vidéos virales ; début 2014, j’étais encore à 5000 abonnés et je suis maintenant à plus de 180 000», souligne-t-elle.

Fille d’un immigré roumain et d’une Québécoise, celle qui a longtemps «fantasmé la France» avant de la rejoindre il y a près de 12 ans, estime que ses vidéos proposent «quelque chose de méditatif» : «C’est pas des fous rires, c’est du sourire, c’est de la réflexion, c’est un peu philosophique.»

Ina Mihalache a suivi le Cours Florent, grande école de théâtre française à Paris, avant d’échouer quatre fois aux auditions d’entrée au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de la capitale, entre 2006 et 2009: «Je ne savais pas quoi faire de moi-même, j’avais un grand besoin d’expression artistique, mais je me sentais inadaptée parce que je n’avais pas de réseau et pas envie d’en créer, je n’étais pas le genre combattive qui va démarcher les agents et les directeurs de casting.»

Une période de questionnement s’ensuit pour la Montréalaise d’origine, qui réalise de la vidéo d’art.

Créer «Solange» sera une façon de «revendiquer l’inadaptation» et d’assumer «son droit à la différence et à la solitude».

«Je ne sais pas faire comme les autres, je n’aime pas l’idée de devoir me conformer à un système, je me suis dit : « Ce sera un personnage comme ça, inadapté, solitaire, avec ma caméra, mon corps, mon appartement, et des problématiques quotidiennes ».»

Le premier «boom médiatique», comme elle l’appelle, a lieu en 2012 : des journaux français s’intéressent au phénomène, et Ina Mihalache réalise une série de capsules radiophoniques sur France Inter.

Sa popularité en France ne fait pas oublier à Ina Mihalache ses racines québécoises : en novembre dernier, elle publiait la vidéo «Québécois pour les nuls», petit guide de Solange pour les Français de passage au Québec. Elle indique qu’avoir décidé de perdre son accent québécois constitue une fois de plus «son droit à la différence, sa liberté», et n’exclut pas de revenir au Québec où elle se dit curieuse de travailler.

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